Transformer les conflits en opportunités : le rôle du manager

Sylvie Kervran • 12 septembre 2025

Transformer les conflits en opportunités : le rôle du manager

Voici un sujet clé pour tout manager : les conflits au sein des équipes et comment les transformer en leviers de performance.

Pourquoi les conflits font peur
Les conflits sont souvent perçus comme négatifs ou déstabilisants. Résultat : beaucoup de managers :
  • Évitent les discussions difficiles
  • Laissent les tensions s’installer
  • Risquent une baisse de motivation et d’engagement
Mais un conflit n’est pas une fatalité. 

Bien géré, il peut devenir une opportunité de clarifier les attentes et de renforcer la cohésion.

 "La réunion qui aurait pu déraper"
Marie, manager d’une équipe commerciale, remarque des tensions récurrentes entre deux collègues clés. Elle hésite à intervenir, craignant de se mettre en difficulté.

Lorsqu’elle décide finalement de prendre le temps d’écouter chaque partie, elle découvre que le problème venait de malentendus sur les responsabilités et les priorités. En clarifiant la situation et en posant des règles simples, Marie transforme ce qui aurait pu être un conflit destructeur en une meilleure collaboration et engagement de ses collaborateurs.

Pour gérer un conflit
  1. Identifier les signaux faibles : désintérêt, sous-communication, petites tensions.
  2. Écouter activement : laissez chaque personne s’exprimer sans interruption.
  3. Reformuler et clarifier : assurez-vous que chacun comprend les attentes et les limites.
  4. Poser des actions concrètes : définir ensemble les prochaines étapes et les règles de fonctionnement.

💡 Astuce : intervenir rapidement mais calmement empêche le conflit de s’envenimer et renforce votre crédibilité en tant que manager. Prenez un temps d'observation avant d'intervenir.

🚀 La solution : le coaching managérial terrain

Chez Sylness, nous accompagnons les managers à :
  • Détecter et anticiper les conflits latents
  • Apprendre à les gérer directement sur le terrain, avec les outils et postures adaptés
  • Transformer les tensions en opportunités d’engagement, de cohésion et de performance

💬 Vous faites face à des tensions dans vos équipes ? Découvrez comment le coaching managérial terrain peut vous aider à intervenir avec impact et sérénité : Coaching Manager terrain

✨ Sylvie Kervran – Coach certifiée | Fondatrice de Sylness | Spécialiste du coaching managérial terrain
par Sylvie Kervran 19 février 2026
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par Sylvie Kervran 12 février 2026
Le matin du 17 janvier 2025, Marc, directeur commercial d'une PME toulousaine, reçoit la troisième démission en deux mois. Le motif ? L'atmosphère : "Je ne supporte plus les remarques, les mails cassants, le manque de respect." L'incivilité en entreprise n'est plus un épiphénomène. Elle est devenue la faille silencieuse qui mine la performance, érode l'engagement et coûte des millions aux organisations. Et face à elle, les managers sont en première ligne, souvent démunis, parfois complices malgré eux. Quand la jurisprudence met les managers au pied du mur La loi a changé de cap. Le 21 janvier 2025, la chambre criminelle de la Cour de cassation a rendu un arrêt historique dans l'affaire France Télécom (n° 22-87.145). Pour la première fois en France, la notion de harcèlement moral institutionnel a été pleinement consacrée. Ce jugement marque un tournant : l'incivilité généralisée, lorsqu'elle résulte d'une politique managériale toxique mise en place au plus haut niveau, engage désormais la responsabilité pénale des dirigeants. Le message est clair : une entreprise ne peut plus fermer les yeux sur un climat de travail délétère sous prétexte qu'aucune victime individuelle ne se manifeste. La dégradation systémique des conditions de travail est punissable, même sans intention directe de nuire à une personne en particulier. Cette évolution jurisprudentielle a été renforcée par un arrêt du 11 mars 2025 (Cass. soc., n° 23-16.415) qui précise que la reconnaissance du harcèlement moral ne nécessite plus de prouver une dégradation effective de l'état de santé. Il suffit que les agissements soient susceptibles de porter atteinte aux droits du salarié. Cette décision élargit considérablement le champ de la responsabilité managériale. Autre jurisprudence majeure : l'arrêt du 17 avril 2025 (Cass. soc., n° 23-45.678) invalide le recours exclusif aux algorithmes dans les décisions RH. La Cour affirme qu'une décision affectant la situation professionnelle d'un salarié ne peut reposer uniquement sur un traitement automatisé et exige une intervention humaine significative. Cette décision impose aux managers de reprendre la main sur leurs pratiques de gestion et de ne pas se cacher derrière des outils digitaux pour justifier des décisions qui peuvent être vécues comme des incivilités. Enfin, le 6 mai 2025, une série d'arrêts a clarifié les contours du harcèlement managérial (Cass. soc., n° 23-15-641, n° 23-17.005, n° 23-22.588). Les juges rappellent qu'un management harcelant qui cause une souffrance au travail peut entraîner la nullité du licenciement si l'inaptitude du salarié en découle. L'incivilité : cette épidémie silencieuse qui coûte cher Derrière les chiffres se cache une réalité brutale. En 2025, l'absentéisme en France a atteint un niveau record : 5,1% selon le baromètre WTW, soit une hausse de 34% depuis 2019. Le coût annuel ? 120 milliards d'euros pour les entreprises françaises. Mais voici ce que les statistiques ne disent pas : les risques psychosociaux, dont l'incivilité est un précurseur, représentent désormais 36% des arrêts longue durée (contre 32% en 2023). Un arrêt long coûte en moyenne 45 000 euros à l'entreprise, sans compter les coûts indirects : désorganisation, surcharge des équipes présentes, perte de compétences, dégradation de la qualité du travail. L'incivilité crée un cercle vicieux : un manager sous pression adopte des comportements brusques, les collaborateurs se sentent dénigrés, le climat se détériore, l'absentéisme explose, la pression sur les présents augmente... Et le cycle recommence. Plus inquiétant : 44% des managers déclarent être eux-mêmes en détresse psychologique face à la gestion des absences. Les managers sont à la fois victimes et vecteurs potentiels de cette épidémie. Les visages multiples de l'incivilité au quotidien L'incivilité ne porte pas toujours le costume du harcèlement. Elle se niche dans les micro-agressions quotidiennes : Le mail envoyé à 23h avec un ton sec et des exigences immédiates La réunion où trois personnes parlent en même temps sans s'écouter Le collaborateur systématiquement interrompu ou ignoré Les remarques désobligeantes camouflées en "humour" Le manager qui ne dit jamais bonjour mais qui surgit pour pointer les erreurs Les décisions unilatérales prises sans consultation L'absence totale de reconnaissance, même pour les victoires Ces comportements, pris isolément, semblent anodins. Cumulés et répétés, ils deviennent toxiques. Ils érodent la confiance, affaiblissent la cohésion, et transforment progressivement l'entreprise en terrain hostile. Pourquoi les managers deviennent-ils incivils ? Pointer du doigt ne suffit pas. Il faut comprendre. L'incivilité managériale n'est généralement pas un choix délibéré mais la résultante d'un système sous pression : La surcharge permanente : Avec des équipes réduites et des objectifs toujours plus ambitieux, les managers manquent de temps. Le temps d'écouter, de reformuler, de prendre soin des relations. L'efficacité à court terme prend le dessus sur l'humain. Le manque de formation : Combien de managers ont été promus pour leurs compétences techniques sans jamais avoir été formés aux soft skills ? Gérer des tensions, conduire un feedback constructif, désamorcer un conflit... Ces compétences ne sont pas innées. L'isolement : Les managers intermédiaires sont souvent pris en étau entre la direction qui exige des résultats et les équipes qui réclament plus de moyens et de considération. Cette position d'interface, sans soutien adéquat, génère un stress qui se traduit parfois par des comportements inadaptés. La culture de l'urgence : Dans un monde où tout doit être fait "pour hier", la courtoisie devient une variable d'ajustement. On coupe court, on tranche, on impose. L'efficacité immédiate remplace la qualité relationnelle. Le mimétisme managérial : Un manager qui a lui-même été traité avec rudesse peut reproduire inconsciemment ces schémas, les considérant comme "normaux" dans un contexte professionnel. Les coûts cachés que personne ne calcule Les directions financières savent compter les heures d'absence. Mais elles peinent à quantifier les dégâts collatéraux de l'incivilité : La fuite des talents : Les meilleurs partent en premier. Ils ont le choix. Un bon développeur, un commercial performant, un chef de projet expérimenté ne reste pas dans un environnement toxique. Le coût de remplacement d'un cadre ? Entre 6 et 9 mois de salaire en moyenne. La démotivation silencieuse : Combien de collaborateurs sont physiquement présents mais mentalement absents ? Le présentéisme coûte 2 740 euros par employé par an selon les études. Ces personnes ne donnent plus que le minimum syndical, ne proposent plus d'idées, ne prennent plus d'initiatives. La détérioration de l'image employeur : À l'ère de Glassdoor et LinkedIn, un climat toxique se sait vite. Les candidats de qualité fuient, le recrutement devient plus coûteux, le turnover augmente. L'effet domino sur les équipes : Quand un collaborateur craque, sa charge retombe sur les autres. Qui, sous pression, développent du ressentiment, de la fatigue, et finissent eux-mêmes par craquer ou partir. Les contentieux prud'homaux : Une condamnation pour harcèlement moral peut coûter des dizaines de milliers d'euros en dommages et intérêts, sans compter les frais d'avocat et le temps perdu. Avec la jurisprudence actuelle, le risque juridique est devenu considérable. Le manager terrain : première ligne et premier levier Le changement doit venir du terrain. Et cela commence par une prise de conscience individuelle : Quel type de manager suis-je ? Trois archétypes se dégagent : Le manager pompier : Il éteint les incendies sans jamais s'interroger sur leur origine. Il traite les symptômes (un conflit, une démission) sans adresser les causes structurelles. Résultat : les problèmes reviennent, amplifiés. Le manager autruche : Il minimise, relativise, refuse de voir les signaux faibles. "Ils sont trop sensibles", "C'était juste une blague", "Il faut bien un peu de pression pour être performant". Jusqu'au jour où tout explose. Le manager bâtisseur : Il comprend que la civilité n'est pas de la gentillesse naïve mais un investissement stratégique. Il construit un climat de respect qui libère l'énergie créative, favorise la prise d'initiative et renforce la résilience collective face aux défis. Les six piliers d'un management respectueux et performant 1. La présence authentique Être présent ne signifie pas surveiller. C'est être disponible, à l'écoute, attentif aux signaux verbaux et non-verbaux. C'est prendre le temps d'un café informel, d'une conversation de couloir, d'un point régulier sans ordre du jour imposé. La présence crée la confiance. 2. La communication claire et bienveillante Un feedback mal formulé devient une agression. Un objectif mal expliqué devient une source de stress. La clarté n'exclut pas la bienveillance. Au contraire : dire les choses franchement mais avec respect et empathie renforce la crédibilité managériale. 3. La reconnaissance systématique Le manque de reconnaissance est cité dans 60% des cas comme facteur aggravant du stress professionnel. Reconnaître n'est pas féliciter mécaniquement. C'est voir le travail accompli, l'effort fourni, la difficulté surmontée. Et le dire, simplement, régulièrement mais pas si ce n'est pas justifié. 4. L'équité dans le traitement Rien ne mine plus un climat de travail que le sentiment d'injustice. Équité ne signifie pas égalitarisme. C'est donner à chacun selon ses besoins, reconnaître les contributions différentes, expliquer les décisions qui peuvent paraître inégales. 5. Le droit à l'erreur Une culture où l'erreur est sanctionnée est une culture où l'innovation meurt. Les collaborateurs se recroquevillent, appliquent les procédures à la lettre, ne prennent plus de risques. L'erreur doit être un espace d'apprentissage, pas de punition. 6. La régulation des conflits Les conflits non traités s'enveniment. Un manager efficace ne les évite pas, il les régule. Il crée des espaces de parole, il reformule, il aide à trouver des solutions. Il ne laisse jamais pourrir une situation. Quand faut-il sonner l'alarme ? Certains signaux doivent déclencher une intervention immédiate : Augmentation brusque de l'absentéisme dans une équipe Démissions rapprochées de personnes performantes Plaintes récurrentes, même informelles, sur le climat Baisse notable de la productivité sans raison objective Conflits ouverts ou tensions perceptibles Isolement d'un ou plusieurs collaborateurs Désengagement visible (réunions silencieuses, absence de propositions) Ces signaux ne disparaissent jamais seuls. Au contraire, ils s'aggravent si on les ignore. L'obligation légale d'agir : ce que dit vraiment le droit Depuis la décision du 12 juin 2024, confirmée en 2025, l'employeur n'est plus systématiquement obligé de mener une enquête interne en cas d'allégation de harcèlement mais c'est fortement recommandé pour apporter la preuve et montrer que l'entreprise à pris des mesures. Mais attention : il reste tenu de prendre des mesures suffisantes pour préserver la santé et la sécurité des salariés. Cette obligation est large. Elle englobe : La prévention des risques professionnels (Article L. 4121-1 du Code du travail) La lutte contre toute forme de harcèlement et de discrimination La mise en place de procédures de signalement La formation des managers et des équipes L'évaluation régulière des risques psychosociaux Un employeur qui ne fait rien engage sa responsabilité civile et pénale. Un manager qui laisse faire peut être mis en cause personnellement, notamment dans les cas de harcèlement managérial où sa responsabilité peut être retenue aux côtés de celle de l'entreprise. Le coaching de terrain : un accompagnement au plus près de la réalité Face à ces enjeux complexes, les formations théoriques ne suffisent plus. Les managers ont besoin d'un accompagnement concret, ancré dans leur quotidien, adapté à leurs défis spécifiques. Le coaching manager terrain répond à ce besoin en intervenant directement dans l'environnement professionnel du manager. Il ne s'agit pas de formation en salle déconnectée du réel, mais d'un accompagnement personnalisé qui combine : L'observation des situations réelles : Le coach est présent lors de réunions d'équipe, de points individuels, d'interactions quotidiennes. Il observe les dynamiques, identifie les points de friction, repère les moments où l'incivilité s'installe insidieusement. Le débriefing immédiat : Après chaque situation observée, un temps de réflexion permet au manager de prendre conscience de ses comportements, de leurs impacts, et d'explorer des alternatives. Ce travail en temps réel est infiniment plus efficace qu'une formation théorique donnée des mois plus tôt. La construction de stratégies personnalisées : Chaque manager, chaque équipe, chaque contexte est unique. Le coaching de terrain permet de co-construire des solutions adaptées, testées in situ, ajustées en fonction des résultats. Le développement de la posture managériale : Au-delà des techniques, c'est la posture globale qui est travaillée. Comment incarner l'autorité sans autoritarisme ? Comment exiger sans écraser ? Comment fédérer sans manipuler Le soutien dans la durée : Les changements de comportement prennent du temps. Un accompagnement dans la durée permet d'ancrer les nouvelles pratiques, de surmonter les moments de doute, de célébrer les progrès. Cet accompagnement s'adresse particulièrement aux dirigeants et managers qui : Font face à une montée de l'absentéisme ou du turnover Ressentent une dégradation du climat dans leurs équipes Veulent prévenir les risques juridiques liés au harcèlement Souhaitent développer une culture managériale plus respectueuse et performante Cherchent un soutien concret face à des situations complexes Les bénéfices mesurables d'un management respectueux Investir dans un management respectueux n'est pas une dépense, c'est un placement stratégique. Les études de l'INRS démontrent que chaque euro investi dans la santé et la sécurité au travail rapporte entre 2 et 5 euros. Concrètement, les organisations qui ont fait ce choix observent : Une baisse significative de l'absentéisme (jusqu'à 30% dans certains cas) Une réduction du turnover (les collaborateurs restent en moyenne 40% plus longtemps) Une amélioration de la productivité (les équipes respectées sont plus engagées) Un renforcement de l'attractivité employeur (facilite le recrutement) Une diminution drastique des contentieux prud'homaux Une meilleure capacité d'innovation (les collaborateurs osent proposer) Une résilience accrue face aux crises (les équipes soudées tiennent mieux) Le moment d'agir, c'est maintenant L'incivilité en entreprise n'est plus une question de savoir-vivre. C'est devenu un enjeu de performance, de responsabilité juridique, et de pérennité organisationnelle. La jurisprudence de 2025 a clairement établi que les entreprises et leurs dirigeants peuvent être tenus pour responsables d'un climat de travail toxique. Mais au-delà de la contrainte légale, il y a une opportunité extraordinaire : celle de faire du management un levier de transformation positive. Un manager qui traite ses équipes avec respect et exigence ne sacrifie pas la performance à l'humanité. Il crée les conditions d'une performance durable. Le changement ne viendra pas d'en haut. Il ne viendra pas d'une énième politique RH ou d'un nouveau règlement intérieur. Il viendra des managers de terrain qui, chaque jour, dans leurs interactions quotidiennes, choisiront le respect plutôt que la brutalité, l'écoute plutôt que l'indifférence, la reconnaissance plutôt que le silence. Ces managers existent. Ils ont besoin d'être accompagnés, soutenus, outillés. Le coaching manager terrain offre cet accompagnement au plus près de la réalité, pour transformer les intentions en actions, et les actions en culture. Face à l'incivilité, le silence est devenu trop coûteux. Il est temps d'agir. À propos du Coaching Manager Terrain Notre approche combine expertise juridique des obligations managériales et accompagnement opérationnel des dirigeants sur le terrain. Ensemble, nous identifions les situations à risque, développons des compétences relationnelles concrètes, et mettons en place des pratiques managériales qui protègent à la fois la santé des collaborateurs et la performance de l'organisation. Pour échanger sur vos enjeux spécifiques et découvrir comment le coaching manager terrain peut transformer votre réalité managériale : formulaire de contact
par Sylvie Kervran 5 février 2026
L’IA pense vite. Et vous, pensez-vous juste ? Imaginez : vous êtes en réunion stratégique. Un collaborateur présente une analyse générée par une IA. Les chiffres sont impeccables, les graphiques séduisants. Mais quelque chose détonne. Vous posez une question simple : « Quelle hypothèse sous-tend ce scénario ? » Silence. Personne ne sait. L’IA a fait le travail, mais personne ne l’a vraiment compris. Bienvenue en 2026, où l’intelligence artificielle ne remplace pas les humains, mais exige d’eux une nouvelle forme de vigilance : la capacité à structurer un raisonnement, à poser les bonnes questions, à interpréter des résultats complexes. En clair : à exercer un leadership critique. Le jour où mon équipe a arrêté de réfléchir En 2025, j’accompagnais une entreprise dans la mise en place d’un outil d’analyse prédictive pour optimiser les recrutements. L’outil promettait de réduire les biais sauf qu'en trois mois, les profils atypiques avaient disparu des shortlists. Pourquoi ? Parce que l’algorithme avait appris à privilégier les parcours linéaires. Le plus troublant ? Aucun manager ne s’en était aperçu. Trop occupés, trop confiants dans la machine. Ce n’est qu’en croisant les données avec les retours RH que l’alerte a été donnée. Ce jour-là, j’ai compris que l’enjeu n’était pas de former à l’outil, mais de réactiver une compétence oubliée : penser. Développer un leadership critique en 3 leviers 1. Structurer la pensée comme un processus, pas une opinion Utilisez la méthode QQOQCP (Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?) pour cadrer chaque problème. Apprenez à distinguer faits, interprétations et hypothèses. Formez vos équipes à la logique inductive et déductive : ce sont des muscles à entraîner. 2. Cultiver l’art de la question En réunion, privilégiez les questions ouvertes : « Qu’est-ce qu’on n’a pas vu ? », « Quelles sont les limites de cette analyse ? » Instaurez des rituels de débrief où chacun peut challenger les décisions. Valorisez les signaux faibles, même s’ils dérangent. 3. Décider avec lucidité, pas avec automatisme Avant toute décision, posez-vous trois questions : Quelles sont les conséquences à court, moyen et long terme ? Quelles sont les alternatives que nous n’avons pas envisagées ? Qui n’est pas dans la pièce et devrait l’être et qui est présent et n'a pas besoin d'y être ? Intégrez des temps de ralentissement dans vos processus décisionnels. La vitesse n’est pas toujours synonyme d’efficacité. Outils pratiques à intégrer Carte mentale (Mindmap) : Structurer un problème complexe pour clarifier les liens entre causes et effets Matrice d’Eisenhower : Prioriser les décisions pour distinguer l’urgent de l’important Revue de décision à froid : Revenir sur une décision 48h après pour réduire les biais émotionnels Feedback inversé : Demander aux équipes de challenger vos décisions pour renforcer la culture du dialogue critique Le courage de penser Le vrai leadership ne consiste pas à avoir toutes les réponses, mais à poser les bonnes questions. Dans un monde où l’IA exécute, le manager devient celui qui éclaire. Celui qui doute (oui, c'est normal), qui explore, qui relie et qui pense.
29 janvier 2026
Il y a toujours ce collaborateur qui semble aspirer toute l’énergie de l’équipe. Celui dont les critiques permanentes, les retards ou les conflits détournent votre attention de l’essentiel. Vous avez essayé de parler, de motiver, voire de sanctionner, mais rien ne change. Vous commencez à douter : « Suis-je en train de perdre mon équipe ? » La vérité est que ce n’est pas votre équipe le problème. C’est la façon dont la situation est gérée, et avec les bonnes étapes, vous pouvez transformer ce défi en opportunité de leadership. Prenons l’exemple de Claire, manager d’une équipe de marketing. Elle avait un collaborateur, Antoine, brillant techniquement mais constamment critique et négatif. Ses remarques démoralisantes s’étendaient à toute l’équipe, les réunions devenaient tendues et la productivité chutait. Au début, Claire a essayé la confrontation directe : « Antoine, tu dois changer ton attitude ». Résultat : il s’est braqué, et l’équipe s’est enfermée dans un silence pesant. Elle a ensuite tenté d’ignorer le problème, espérant que la situation s’auto-régule. Résultat : pire. Le point de bascule est arrivé quand Claire a compris que la solution n’était ni le conflit ni l’évitement. La vraie réponse résidait dans un plan structuré, centré sur la compréhension, le feedback et le cadre. Identifier le problème avant de réagir Avant de pouvoir agir, il faut comprendre : qu’est-ce qui rend ce collaborateur difficile ? 1. Le comportement vs la personne Il est crucial de séparer le comportement problématique de la personne. Antoine n’était pas “mauvais” par nature, mais son attitude créait un climat toxique. 2. Les causes possibles Stress ou pression excessive Manque de compétence dans certains domaines Problèmes personnels ou émotionnels Frustration liée à l’absence de reconnaissance Cette étape demande de l’observation et parfois des conversations individuelles, ouvertes et non accusatoires. Plan d’action concret en 5 étapes Voici comment Claire a transformé la situation, et comment vous pouvez faire pareil. 1. Observation et documentation Objectif : comprendre le comportement sans jugement. Action : Notez les incidents précis (date, contexte, impact sur l’équipe, encourager vos collaborateur à exprimer leurs ressentis) Identifiez les patterns et déclencheurs Évitez les jugements subjectifs, concentrez-vous sur des faits concrets Impact : vous aurez une base solide pour discuter avec le collaborateur sans confrontation émotionnelle. 2. Conversation structurée et empathique Objectif : instaurer un dialogue constructif. Action : Planifiez une rencontre en tête-à-tête Commencez par des observations factuelles : « Lors de la réunion de lundi, tu as critiqué X devant l’équipe. Cela a créé une tension. » Explorez les causes : « Peux-tu m’expliquer ce qui t’a poussé à réagir ainsi ? » Écoutez activement, sans interrompre ni juger. Impact : le collaborateur se sent entendu, et vous comprenez mieux son état d’esprit et ses motivations. 3. Fixer des attentes claires et un plan d’amélioration Objectif : transformer le comportement problématique en objectifs précis et mesurables. Action : Définissez ensemble ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas Établissez des indicateurs de progrès (participation constructive, respect des délais, communication positive) Planifiez un suivi régulier pour ajuster et soutenir Impact : le collaborateur sait exactement ce qui est attendu, ce qui réduit les malentendus et les tensions. 4. Renforcer la reconnaissance et le soutien Objectif : canaliser l’énergie négative en motivation et engagement. Action : Félicitez les progrès, même petits Valorisez les points forts et contributions positives Offrez un coaching ou un mentorat si nécessaire pour combler des lacunes Impact : le collaborateur se sent valorisé, ce qui peut réduire l’attitude négative et renforcer la coopération. 5. Protéger l’équipe et savoir décider Objectif : éviter que le problème ne contamine le reste de l’équipe. Action : Intervenez immédiatement si le comportement toxique persiste malgré les efforts Rappelez les règles de respect et de collaboration Si aucune amélioration n’est observée sur une période définie, préparez des mesures plus strictes (réaffectation, plan de sortie, sanctions). Impact : l’équipe reste motivée et sécurisée, et vous montrez que le leadership implique responsabilité et limites claires. Les enseignements clés Le problème n’est pas la personne, mais le comportement. Comprendre la source du comportement permet de réagir efficacement. Un plan structuré et suivi transforme souvent un collaborateur difficile en un atout. La protection de l’équipe est aussi essentielle que la transformation individuelle. Claire a ainsi réussi à transformer Antoine. Son attitude est devenue constructive, l’équipe a retrouvé sa cohésion et la productivité a augmenté. Le climat est redevenu positif sans qu’aucune sanction drastique n’ait été nécessaire. Bonus pratique : exercices pour managers Le journal d’incidents : notez chaque comportement difficile observé avec le contexte et l’impact Feedback constructif : préparez vos conversations en listant ce qui doit changer et ce qui peut être valorisé Check-in d’équipe : toutes les deux semaines, demandez à l’équipe comment elle perçoit le climat et notez les points d’amélioration. Ces exercices permettent de garder le contrôle humain et stratégique sur la situation. Gérer un collaborateur difficile est un test pour tout manager. Mais loin d’être un obstacle, c’est une occasion de renforcer vos compétences en leadership humain et de protéger la dynamique de votre équipe. Avec observation, écoute, plan structuré et suivi, vous pouvez transformer un comportement toxique en moteur de croissance, pour le collaborateur comme pour toute l’équipe. Comme il s'agit de l'humain, nous essayons des solutions et en cherchons d'autres si les premières actions ne fonctionnent pas. Pourquoi ? Parce que nous savons qui nous sommes mais, malgré différentes possibilités imaginées, nous ne pouvons prévoir avec certitude la réaction de l'autre : pas après pas. Et vous ? Avez-vous déjà dû gérer un collaborateur difficile ? Quelles stratégies ont fonctionné (ou pas) pour vous ? Partagez vos expériences en commentaire : discutons ensemble de solutions concrètes pour que le leadership devienne une force, même face aux situations les plus complexes. Prenons rendez-vous pour en discuter ensemble, cliquez ici !
par Sylvie Kervran 22 janvier 2026
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par Sylvie Kervran 15 décembre 2025
« En 2025, le véritable courage d’un dirigeant ne se mesure pas à sa capacité à annoncer des résultats, mais à sa faculté à préserver la rentabilité quand tout semble conspirer contre elle. » Les dirigeants d’aujourd’hui ne sont pas seulement des stratèges : ils sont des funambules. Entre la hausse des coûts, l’instabilité économique et les attentes sociales, maintenir la rentabilité est devenu un exercice d’équilibriste. Mais c’est précisément dans ces moments que le leadership en action prend tout son sens. 📖 L’histoire de Morgane, dirigeante d’une ETI industrielle Morgane dirige une entreprise familiale de 600 salariés dans le secteur industriel. En 2024, ses marges étaient déjà fragiles. En 2025, la hausse des coûts énergétiques et salariaux menace directement la rentabilité. Les actionnaires exigent des résultats, les collaborateurs demandent du sens et du bien-être, et les clients veulent des prix compétitifs. Lors d’un comité stratégique, Morgane pose une question simple : « Comment maintenir la rentabilité sans sacrifier l’humain ni l’innovation ? » Ce dilemme est celui de milliers de dirigeants en décembre 2025. Et la réponse ne réside pas dans une formule magique, mais dans une série d’actions concrètes, incarnées par un leadership lucide et courageux. 🧩 Plan d’action concret pour les dirigeants 1. Repenser la structure des coûts Cartographier les dépenses critiques : énergie, matières premières, salaires, conformité. Identifier les coûts "cachés" : temps perdu en réunions, doublons organisationnels, process obsolètes. Agir sur les leviers rapides : négociation fournisseurs, mutualisation des achats, digitalisation des tâches répétitives. Morgane a réduit de 12 % ses coûts indirects en automatisant la gestion documentaire et en simplifiant ses circuits de validation. 2. Investir dans l’efficacité opérationnelle Lean management revisité : non pas réduire au maximum, mais fluidifier les flux. Digitalisation ciblée : IA pour la prévision de la demande, outils collaboratifs pour réduire les frictions. Maintenance prédictive : éviter les arrêts coûteux en anticipant les pannes. Une PME agroalimentaire a économisé 300 000 € par an en intégrant des capteurs IoT (dispositif électronique capable de détecter et de mesurer des variables physiques ou environnementales telles que la température, l’humidité, le mouvement, la lumière, les gaz, la pression, la proximité, etc...) pour anticiper les défaillances. 3. Mobiliser l’intelligence collective Impliquer les équipes dans la chasse aux gaspillages : chaque collaborateur voit des inefficacités que le dirigeant ignore. Créer des habitudes d’amélioration continue : ateliers mensuels, feedbacks anonymes, challenges internes. Valoriser les idées concrètes : reconnaissance publique, primes, mise en œuvre rapide. Morgane a lancé un « défi efficacité » où chaque équipe devait proposer une action pour réduire les coûts. Résultat : 47 idées, dont 15 mises en œuvre en 3 mois. 4. Rééquilibrer la stratégie commerciale Revoir la politique de prix : intégrer la valeur perçue plutôt que de céder à la guerre des prix. Segmenter les clients : concentrer les efforts sur les segments les plus rentables. Développer des offres premium : augmenter la marge en proposant des services différenciants. Une entreprise de services B2B a créé une offre premium avec SLA renforcé (engagement contractuel documenté entre un prestataire de services et un client. Il définit les services spécifiques à fournir, les standards de performance attendus, ainsi que les responsabilités de chaque partie. Contrairement à un contrat classique, le SLA se concentre sur la qualité de service et sur des critères mesurables de performance.), augmentant ses marges de 8 %. 5. Renforcer la gouvernance et la transparence Communiquer clairement avec les actionnaires : expliquer les choix, montrer les résultats intermédiaires. Impliquer le comité de direction dans les arbitrages : éviter les décisions isolées. Assumer les décisions difficiles : restructurations, arrêt de projets non rentables, réallocation des ressources. Morgane a arrêté une ligne de produits déficitaire malgré l’attachement historique. Décision douloureuse, mais qui a sauvé 3 points de marge. 6. Préserver l’humain et l’engagement Reconnaissance non financière : feedback, visibilité, autonomie. Bien-être pragmatique : flexibilité, équilibre vie pro/vie perso, outils adaptés. Leadership incarné : montrer l’exemple, assumer les choix, rester accessible. Morgane a instauré des « cafés dirigeants » mensuels pour répondre directement aux questions des salariés. Résultat : une confiance renforcée malgré les contraintes. 📊 Développement clair : les 5 leviers de rentabilité en 2025 Agilité organisationnelle : simplifier, fluidifier, automatiser. Innovation pragmatique : investir là où le retour est mesurable. Culture de la performance partagée : impliquer chaque collaborateur. Pilotage financier rigoureux : suivi mensuel des marges, alertes précoces. Leadership incarné : décisions courageuses, communication transparente, exemplarité. 💬 Maintenir la rentabilité en 2025 n’est pas une question de chiffres uniquement. C’est une question de posture. Le dirigeant qui réussit n’est pas celui qui coupe sans discernement, mais celui qui agit avec lucidité, courage et humanité. Morgane, comme beaucoup de dirigeants, a compris que la rentabilité durable se construit dans l’action quotidienne, pas dans les grands discours. Parce que maintenir la rentabilité malgré les coûts n’est pas une option : c’est le cœur du leadership en action. Prendre rendez-vous
par Sylvie Kervran 11 décembre 2025
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par Sylvie Kervran 3 décembre 2025
Cas client : comment une PME a réduit son turnover grâce à un DRH externalisé Chez Sylness, nous observons une tendance forte : beaucoup d’entreprises pensent que le turnover est un problème isolé. En réalité, c’est rarement le cas. Le turnover est un symptôme et comprendre ce qu’il révèle change absolument tout. Il y a quelques mois, une PME de l’industrie avec 90 collaborateurs, forte croissance, management impliqué, nous sollicite. Sur le papier, tous les signaux étaient au vert, et pourtant, les départs se multipliaient. Pas de crise, pas d’alerte majeure… mais des départs réguliers et coûteux, centrée sur deux équipes clés. La direction avait déjà tenté plusieurs leviers : ✔️ Revalorisation salariale ✔️ Renforcement des process RH ✔️ Communication interne améliorée ✔️ Entretiens annuels retravaillés sans succès. Lorsque Sylness intervient en tant que DRH externalisé, nous commençons par notre spécialité : Un diagnostic, au plus près de la réalité managériale et deux semaines d’observation, d’immersion, d’écoute. 🔅 Des moments informels. 🔅Des points avec les managers. 🔅Des échanges directs avec les équipes. Et très vite, un point névralgique apparaît : les départs ne sont pas liés à la stratégie RH, mais à un déficit d’accompagnement managérial. Un manager technique, excellent dans son métier, avait pris la tête d’une équipe sans soutien, sans formation ni coaching. Il n'avait pas d'espace pour verbaliser ses difficultés. Le résultat ? Un management en pilotage instinctif, des tensions mises de côté, et un turnover silencieux mais réel. Nous avons alors construit un plan d’action structuré : 1️⃣ Coaching managérial terrain Des séances régulières, en situation réelle avec pour objectif de transformer les pratiques, développer la posture, sécuriser les décisions, installer un leadership clair et humain. 2️⃣ Reclarification du cadre Habitudes, règles de fonctionnement, rôles, responsabilités pour remettre de la cohérence et réduire les zones de flou. 3️⃣ Espaces d’expression sécurisés Instauration de groupes de parole, d'entretiens de remobilisation et surtout du temps d’écoute pour permettre aux équipes de dire réellement ce qui se joue. Les résultats en 6 mois : 📍 37 % de turnover en moins 📍 des managers plus en confiance, plus solides, plus soutenus 📍 un climat social stabilisé 📍 un engagement interne retrouvé Ce que cette expérience confirme : Un DRH externalisé est souvent le levier le plus puissant parce qu’il apporte un regard extérieur, neutre, une action rapide et une expertise opérationnelle capable de transformer les pratiques au quotidien.
par Sylvie Kervran 28 novembre 2025
Il y a une phrase que j’entends très souvent en accompagnement managérial : « Je veux juste que ce soit bien fait. » C’est une phrase banale, presque anodine. Mais derrière elle, il y a un monde. Parce que les managers qui veulent “bien faire” finissent souvent par s’y perdre. Pas dans les tâches, pas dans les projets mais dans tout ce que les autres projettent… et ne comprennent pas. Si vous avez un tempérament exigeant, si vous êtes de ceux qui montrent l’exemple, , qui rattrapent, qui maintiennent le niveau… alors cette article risque de toucher juste. 1. Une histoire vraie : le jour où la perfection a commencé à coûter trop cher Je me souviens d’un manager que j’accompagnais, appelons le Thomas. Un pilier dans l’entreprise, toujours carré, toujours fiable, toujours celui qu’on appelle quand il faut remettre de l’ordre. Un jour, il m’a dit quelque chose que je n’oublierai pas : « Plus je fais parfaitement les choses… plus j’ai l’impression que personne ne voit l’effort que ça me demande. On croit que c’est facile pour moi. » Cette phrase, c’est la face cachée du manager exigeant : la perfection rassure tout le monde, sauf celui qui la porte. Ce jour-là, j’ai vu un homme solide et en même temps fatigué de ne pas être compris, d’être sur-interprété, d’être seul derrière son masque. Parce que c’est ça, la perfection : un masque élégant… mais lourd à porter. 2. Pourquoi la perfection vous isole… sans que vous vous en rendiez compte Quand vous faites tout bien, tout le temps, les autres ne voient pas vos efforts. Ils voient votre résultat et ils en tirent des conclusions qui sont rarement les bonnes. Ce que les autres croient : “Il/elle gère toujours.” “Il/elle n’a pas besoin d’aide.” “Il/elle sait tout faire.” “Il/elle peut prendre plus.” Ce que vous vivez réellement : de l’hypervigilance, de la charge mentale, une auto-exigence dévastatrice, un manque de reconnaissance, la sensation d’être “invisible”. Le plus grand danger de la perfection, ce n’est pas qu’elle soit difficile, c’est qu’elle vous dissocie de ce que vous ressentez et de ce dont vous avez réellement besoin. 3. La fatigue mentale : ce n’est pas ce que vous faites qui épuise, mais ce que vous comprenez mal chez les autres La plupart des managers perfectionnistes s’épuisent parce qu’ils ne comprennent pas pourquoi les autres ne suivent pas leur rythme, leurs attentes, leur niveau. Vous vous êtes sûrement déjà dit : “C’était clair pourtant.” “Il/elle savait ce qu’il fallait faire.” “Je ne comprends pas pourquoi ce n’est pas fait.” “Pourquoi c’est toujours moi qui dois rattraper ?” C’est normal, parce que les autres ne fonctionnent pas selon votre perfection, mais selon leurs intérêts du moment. Pas leurs intentions profondes, pas leurs valeurs, pas leur loyauté mais leur intérêt immédiat. L’intérêt du moment peut être : éviter une tâche qu’ils ne maîtrisent pas, préserver leur confort, ne pas perdre la face, protéger leur réputation, fuir une décision qu’ils appréhendent, prioriser autre chose, ne pas assumer un risque, ou une tracasserie personnelle dont nous ne connaissons pas l'existence. Vous, vous voyez “je veux que ce soit bien fait”. Eux, ils voient “je veux éviter un coût”. Ce décalage, s’il n’est pas compris, use profondément. 4. Les masques : cette subtilité que personne n’ose décoder Les managers exigeants portent des masques très spécifiques. Les plus courants : • Le masque de maîtrise “Je contrôle tout.” → Vous rassurez les autres… mais vous vous privez d’aide. • Le masque de solidité “Je tiens le choc.” → Vous encaissez… mais personne ne s’inquiète pour vous. • Le masque du professionnel parfait “Tout est sous contrôle.” → Vous êtes irréprochable… donc on vous en met davantage. Les autres s’appuient sur votre masque sauf qu’ils ne voient jamais le poids qu’il représente. Le plus grand piège n’est pas que les autres y croient, c’est que vous-même finissiez par confondre le masque et l’identité. Et là… vous vous perdez. 5. Comment s’en libérer ? Le plan d’action concret pour sortir du piège de la perfection. a. Identifier le masque que vous portez le plus Demandez-vous : Quand est-ce que je fais semblant d’aller bien ?, à quel moment je joue le rôle du manager parfait ?, qu’est-ce que j’essaie de protéger ? La lucidité, c’est la première liberté. b. Fixer un seuil de “suffisamment bien”, pas “parfait” Écrivez noir sur blanc : « Pour ce sujet, qu’est-ce qu’un travail suffisamment bien pour avancer ? » Cette question change la manière dont votre cerveau fonctionne, elle coupe net l’excès mental et redonne de l’espace. c. Rendre vos limites visibles (et professionnelles) Vous pouvez dire : “Voici le niveau que je peux garantir. Voici ce qui dépasse ma marge actuelle.” Vous restez crédible, lisible, respecté. d. Chercher l’intérêt réel de l’autre avant de corriger son comportement C’est LA compétence qui change tout. Demandez-vous : Qu’a-t-il/elle à perdre s’il/elle fait ce que j’attends ?,qu’a-t-il/elle à gagner ?, quelle peur est en jeu ?, quel contexte influence la réaction ? À partir du moment où vous comprenez l’intérêt réel de quelqu’un, vous sortez de l’énervement… et vous entrez dans le leadership. e. Instaurer un rituel d’alignement chaque semaine Prenez 10 minutes et interrogez vous : Où ai-je été dans la perfection cette semaine ?, où me suis-je oublié ?, où ai-je été aligné ?, quelle limite dois-je poser la semaine prochaine ? Ces questions rendent la perfection consciente. 6. Le vrai enjeu : rester aligné, pas irréprochable On ne le dit jamais assez : L’entreprise n’a pas besoin de managers parfaits. Elle a besoin de managers alignés. Alignés avec : leurs limites, leurs intentions, leurs valeurs, leur énergie, la réalité du terrain, l’intérêt des autres. La perfection isole, l’alignement rassemble. La perfection est une force, elle est la preuve d’un haut niveau d’engagement, d’un sens du détail, d’un désir d’excellence. Elle peut créer de la qualité, de la fiabilité, de la confiance à condition de ne pas s’y perdre et de savoir se préserver autant que l’on préserve la qualité de son travail. 💬 Quel est le masque qui vous pèse le plus aujourd’hui : celui que vous portez… ou celui que les autres vous attribuent ? Si vous sentez que cette exigence commence à vous fatiguer, vous isoler ou vous décentrer… Planifiez un échange . Je vous aiderai à retrouver un leadership solide et humain, sans renoncer à à qui vous êtes et à ce qui fait votre force. Sylvie KERVRAN
par Sylvie Kervran 21 novembre 2025
Le changement est une expérience intérieure Le changement ne se joue pas seulement dans les process ou les outils. Il se vit dans la façon dont chaque individu perçoit, ressent et interprète la réalité. La PNL (Programmation Neuro‑Linguistique) nous rappelle que chacun filtre le monde à travers ses propres représentations internes : croyances, émotions, langage. Ainsi, face à un même projet, certains voient une opportunité, d’autres une menace. Le rôle du manager est de reconnaître ces cartes du monde différentes et d’adapter sa communication pour créer l’adhésion. “La carte n’est pas le territoire.” Alfred Korzybski, principe fondateur repris par la PNL Maéva et son équipe face au changement Maéva, manager dans une entreprise de services, doit déployer un nouvel outil digital. Les réactions sont variées : Paul est enthousiaste, Sophie attend de voir, Kevin doute, Luc refuse. Plutôt que de forcer, Maéva décide d’utiliser des principes de PNL pour ajuster sa posture : elle observe les comportements, écoute les mots employés, et adapte son langage à chaque profil. Elle transforme la diversité des réactions en énergie collective. Les volontaires : renforcer leur motivation par l’ancrage Profil Enthousiastes, moteurs, ils voient le changement comme une opportunité. PNL appliquée Ancrage positif : associer leur énergie à des rituels (réunions de lancement, célébrations). Calibration : observer leur langage corporel pour maintenir leur niveau d’engagement. Maéva demande à Paul de partager une réussite concrète avec l’outil. Elle ancre cette expérience positive en réunion, renforçant son rôle d’ambassadeur. Les attentistes : rassurer par le recadrage Profil Prudence, observation, besoin de preuves. PNL appliquée Recadrage : transformer leur perception du risque en opportunité (“Ce projet est une expérimentation, pas une obligation immédiate”). Langage sensoriel : utiliser des mots qui correspondent à leur canal dominant (visuel, auditif, kinesthésique). Sophie dit : “Je veux voir si ça marche.” Maéva lui montre un tableau comparatif avant/après. Le recadrage visuel la rassure et l’incite à tester. Les sceptiques : transformer la critique en ressource par le métamodèle Profil Esprit critique, tendance à questionner. PNL appliquée Métamodèle linguistique : poser des questions précises pour clarifier leurs objections (“Quand tu dis que c’est inutile, à quoi compares‑tu ?”). Utiliser leur langage : reprendre leurs mots pour montrer qu’ils sont entendus. Kévin dit : “Cet outil va nous faire perdre du temps.” Maéva lui demande : “Par rapport à quoi ?” Cette précision l’amène à identifier un paramétrage spécifique, qui sera corrigé. Les réfractaires : accompagner par le recadrage de croyances Profil Refus actif, peur ou attachement à l’ancien modèle. PNL appliquée Recadrage de croyances : explorer la peur derrière le refus (“Si tu crains de perdre en crédibilité, que se passerait‑il si tu devenais expert de l’outil ?”). Dissociation : les aider à prendre du recul sur leur émotion (“Imagine que tu observes la situation de l’extérieur, que vois‑tu ?”). Luc refuse catégoriquement. Maéva découvre qu’il craint de ne pas maîtriser. Elle recadre : “Et si ce projet était l’occasion de montrer ta capacité d’apprentissage ?” Luc accepte une formation personnalisée. Le manager Conduire le changement, c’est adapter son langage et sa posture. La PNL offre des outils puissants : Calibration : observer les signaux non verbaux pour ajuster sa communication Recadrage : transformer une perception limitante en opportunité Ancrage : associer des émotions positives à des expériences de changement Métamodèle : clarifier les généralisations, omissions et distorsions du langage Maéva n’a pas changé son équipe. Elle a changé sa façon de communiquer et c’est cela qui a transformé le projet. Les erreurs à éviter Utiliser un langage uniforme pour tous Ignorer les signaux non verbaux Forcer au lieu de recadrer Négliger les émotions derrière les résistances Solutions pratiques pour les managers Outils concrets Cartographier les profils (volontaires, attentistes, sceptiques, réfractaires) Adapter le langage sensoriel (visuel : “voyez”, auditif : “écoutez”, kinesthésique : “ressentez”) Créer des ancrages collectifs (célébrer les petites victoires) Recadrer les objections (transformer “c’est trop compliqué” en “c’est une opportunité d’apprendre”) “Nous ne voyons pas le monde tel qu’il est, mais tel que nous sommes.” Anaïs Nin Le leadership adaptatif et la PNL Conduire le changement, ce n’est pas imposer une règle. C’est accompagner des représentations internes différentes. La PNL rappelle que chacun a sa carte du monde, et que le manager doit savoir naviguer entre elles. Le leadership adaptatif, enrichi par la PNL, devient alors un art : écouter, recadrer, ancrer, calibrer. C’est ainsi que le changement cesse d’être une contrainte pour devenir une opportunité. Vous êtes manager et vous vous demandez comment trouver la posture juste face aux différentes personnalités de votre équipe ? Vous avez des volontaires enthousiastes, des attentistes prudents, des sceptiques critiques, ou des réfractaires déterminés ? Sylness vous accompagne à identifier ces profils, à adapter votre communication grâce aux outils de la PNL, et à transformer la diversité des réactions en énergie collective. Ensemble, nous construisons un processus de coaching sur mesure pour que le changement devienne une opportunité, et non une source de tension. 📩 Dès aujourd’hui, vous pouvez amorcer ce virage vers un leadership plus humain, plus aligné, plus puissant. contact@sylness.fr